Bikaner (Rajasthan) – 529 000 habitants
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Sri Ganganagar - Bikaner - 286 km - 7h03
Arrivée dans le
désert et premiers chameaux.
Nous faisons enfin étape au temple des rats. Ce n’est pas le nom officiel, ce temple étant dédié à une des innombrables déités du panthéon indien (« choisis-en une », comme dirait l’ami anglais). Non, pourquoi les rats ? Le rat en tant que moyen de transport d’un des dieux indiens est un animal sacré (au même titre que la vache, le crocodile et beaucoup d’autres). Au lieu de le chasser, on le vénère et on le nourrit. Dans ce temple, on disperse des graines pour permettre aux milliers de rats de s’ébrouer joyeusement dans l’enceinte. Et pieds nus, les Indiens vont, fervents mais apeurés, prier vers la statue du dieu.
J’ai hésité entre
partir en « camel safari » dans le désert à Jaisalmer, capitale du
camel safari en Inde ou à Bikaner – proche du désert, mais moins réputée. J’ai
finalement opté pour l’option moins réputée, ce qui implique moins chère, plus
authentique et moins touristique. Et bien m’en a pris. Le propriétaire de la
guest house, en ancien « camel driver » organise des safaris. La
patronne nous regarde lors du petit déjeuner et nous annonce « alors c’est
décidé, vous partez tous en safari demain ? ». Euh … oui, ben on n’en
avait pas beaucoup discuté, mais votre air persuasif semble prendre la décision
à notre place, alors … oui !
Chai en admirant le coucher de soleil, puis le groupe de musique arrive. Attention, grand moment : après trois chansons, le groupe décide de demander son pourboire et annonce qu’il n’y aura qu’une seule autre chanson !! Heureusement que l’afghan – qui vit au Pakistan, peut parler avec les musiciens et nous traduire les textes des chansons (qui parlent d’amour, de lune et d’amour encore – comme c’est surprenant !) et rendre le moment un peu plus intéressant. Le dîner est servi et nous nous régalons du curry de légume, du riz et des chapatis. Comme lors des dîners et déjeuners partagés ensemble, je remplis mon rôle de trou sans fond et finis les plats.
Notre groupe s’est
agrandi d’un couple de Hollandais ayant réservé un autre package, mais étant,
semble-t-il, censés rester avec nous. Personne n’est au courant. Mais ils sont
bien sympas et c’est un plaisir de les avoir.
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L’hôtel de Sri
Ganganagar est tellement confortable que j’ai du mal à quitter ma chambre. Il
faut aussi dire qu’il fait très froid dehors et que la douche est chaude ici.
Après un petit déjeuner gargantuesque je commence la route par deux heures des
plus banales, puis parvient enfin aux portes du désert. Sur le GPS, le fond de
la carte passe du vert au jaune-orange, et niveau visuel, les paysages de
villes et de forêts laissent la place au sable et aux arbustes. Je me régale de
ces paysages. Du désert à perte de vue.
Tantôt dunes, tantôt champs. Mais
toujours recouvert d’arbustes ou de petits arbres ne dépassant pas les quelques
mètres … arbustes, quoi.
La route à deux voies n’est pas d’excellente qualité, mais je me fais tout de même plaisir en roulant assez vite pour « voler » au-dessus des imperfections et des nids de poule. Cerise sur le gâteau : les chameaux. Enfin, dromadaires, mais ici on dit chameau, c’est plus commun.
Alors que dans tout le reste de
l’Inde les bœufs sont utilisés pour tirer charrues et chariots, ici les
chameaux sont les animaux de traits. Allant à l’amble, leur démarche décontractée
et leur bouille nonchalante sont une excellente distraction et je m’arrête très
souvent pour les observer, les prendre en photo. Je ne sais pas encore que je
vais passer plus d’une semaine au milieu d’eux et que j’aurai tout le temps de
les observer plus tard.
La route à deux voies n’est pas d’excellente qualité, mais je me fais tout de même plaisir en roulant assez vite pour « voler » au-dessus des imperfections et des nids de poule. Cerise sur le gâteau : les chameaux. Enfin, dromadaires, mais ici on dit chameau, c’est plus commun.
Je déjeune au bord
d’un canal. Tomates, cacahuètes et carottes achetées la vieille au marché.
C’est frugal mais très bon. J’en profite pour souligner encore une fois
l’importance du réseau fluvial indien. Je traverse suffisamment de canaux pour
comprendre que les Indiens (et les Anglais avant eux) ont pris à bras le corps
le problème de l’eau dans les régions désertiques. Même si l’accroissement de
la population fait que l’eau est critique au Rajasthan, il y a de quoi
alimenter les villes et les cultures grâce au réseau de canaux apportant l’eau
des hauts plateaux du Ladakh vers le désert du Thar.
Bikaner, entrée au
Rajasthan, ferme aux chameaux et temple des rats
Ganganagar était la
première ville visitée au Rajasthan, mais l’on n’y ressentait pas encore
l’ambiance désertique et chaude qui caractérise cet Etat. A Bikaner, on retrouve
l’odeur de lait caillé, les rues et ruelles désorganisées, la poussière et la
saleté, les forts et temples typiques du Rajasthan.
Après quelques
errements je trouve la meilleure guest house du coin. Une vieille maison avec
des plafonds de 4 mètres au moins, de lourdes portes en bois, des chambres
immenses d’une autre époque. Une seule longue table commune où tout le monde
prend le petit déjeuner et le dîner en même temps. C’est une vraie étape
backpackers et j’y rencontre un couple d’Anglais, une Allemande et deux Afghans
frère et sœur. Ensemble, nous errons dans la vieille ville et son bazar, nous nous
restaurons au garden café, installé dans un temple local (quand je dis au gérant que c’est bizarre de voir un
restaurant dans un temple, il me rétorque : et où avez-vous vu que ça ne
se faisait pas ? … – euh, partout ?) (très bon accueil cependant, et
ce gérant m’a donné également énormément de bons conseils sur Bikaner et la
route vers Jaisalmer).
Enfin nous visitons la ferme aux chameaux. Cette ferme et
« centre d’étude et de recherche sur les chameaux, le plus grand
d’Asie » - en même temps, il ne doit pas y avoir beaucoup de centre de
recherche de ce type en Asie … regroupe plus d’une centaine de chameaux. Ils
sont nourris et soignés au centre, et loués pendant la journée aux villageois
des environs. Le centre héberge également des mâles reproducteurs et élève et
dresse les nouveaux nés.
Jamais vu autant de
chameaux d’un coup !
Je visite mon
premier fort du Rajasthan. Cet état est en pleine transition entre moyen-âge et
temps modernes (je développerai ce point plus tard) (et encore une fois, il
n’engage que moi). Les forts représentent l’ancrage dans le moyen-âge. Les
maharajas ont régné sur leurs terres jusqu’au rattachement du Rajasthan à
l’Inde indépendante.
C’est-à-dire que les châteaux étaient encore en fonction au milieu du XXè siècle. A Bikaner, on visite les appartements royaux, la partie réservée aux femmes, les cours de réception, et de tout en haut on a une belle vue sur la ville.
C’est-à-dire que les châteaux étaient encore en fonction au milieu du XXè siècle. A Bikaner, on visite les appartements royaux, la partie réservée aux femmes, les cours de réception, et de tout en haut on a une belle vue sur la ville.
Nous faisons enfin étape au temple des rats. Ce n’est pas le nom officiel, ce temple étant dédié à une des innombrables déités du panthéon indien (« choisis-en une », comme dirait l’ami anglais). Non, pourquoi les rats ? Le rat en tant que moyen de transport d’un des dieux indiens est un animal sacré (au même titre que la vache, le crocodile et beaucoup d’autres). Au lieu de le chasser, on le vénère et on le nourrit. Dans ce temple, on disperse des graines pour permettre aux milliers de rats de s’ébrouer joyeusement dans l’enceinte. Et pieds nus, les Indiens vont, fervents mais apeurés, prier vers la statue du dieu.
Au retour,
j’échange ma moto contre une Enfield 500cc, la puissance est
impressionnante ! J’adore.
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nouvelle année dans le désert
Départ en camel safari |
Nous voici tous les
5 partis en voiture vers le point de départ (pour mémoire, un couple d’Anglais,
le frère et la sœur Afghans, une Allemande). Coup de chance, tout le monde est
sympa. C’est toujours le moment délicat des tours organisés : avec qui
va-t-on partir ? Avec les touristes un peu lourds qui ne parlent pas
Anglais ? Avec les kitchs qui
s’étonnent de tout et posent des questions débiles ? (ou ceux qui disent
sans arrêts « ah oui je le savais, si souviens-toi, on l’a lu dans le
guide »), ou enfin les autistes qui ne parlent à personne ? Bref,
dans le cas présent tout le monde a eu le temps de s’apprécier et il y a une
bonne ambiance entre tous. J’aimerais dire que je ne suis pas étranger aux
causes de cette dynamique mais ce serait assez prétentieux donc je m’abstiens.
Chacun choisit son
chameau, et la première étape est de rester dessus alors qu’il se lève. Cet
animal qui semble confus dans ses mouvements se lève en trois étapes. D’abord
sur les genoux, puis on soulève l’arrière-train, jambes tendues, et enfin les
pattes avant se redressent. Pour le passager, cela signifie grand bond en l’air
et vers l’arrière, puis poussée vers l’avant et enfin tout se rétablit (si l’on
est toujours sur le dos de l’animal). Nous partons ensuite à un rythme
tranquille à travers villages et étendues désertiques.
Le chameau, au pas, va à la même vitesse que l’homme. Ce qui fait que le camel driver marche à côté de son chameau pendant que nous avons mal aux fesses sur la selle. J’exagère, enfin pas trop. C’est confortable, mais après plusieurs heures, la pause déjeuner, puis l’arrivée au campement font du bien. Au cours de la traversée, nous apercevons plusieurs biches, renards du désert et aigles.
Le chameau, au pas, va à la même vitesse que l’homme. Ce qui fait que le camel driver marche à côté de son chameau pendant que nous avons mal aux fesses sur la selle. J’exagère, enfin pas trop. C’est confortable, mais après plusieurs heures, la pause déjeuner, puis l’arrivée au campement font du bien. Au cours de la traversée, nous apercevons plusieurs biches, renards du désert et aigles.
Chai en admirant le coucher de soleil, puis le groupe de musique arrive. Attention, grand moment : après trois chansons, le groupe décide de demander son pourboire et annonce qu’il n’y aura qu’une seule autre chanson !! Heureusement que l’afghan – qui vit au Pakistan, peut parler avec les musiciens et nous traduire les textes des chansons (qui parlent d’amour, de lune et d’amour encore – comme c’est surprenant !) et rendre le moment un peu plus intéressant. Le dîner est servi et nous nous régalons du curry de légume, du riz et des chapatis. Comme lors des dîners et déjeuners partagés ensemble, je remplis mon rôle de trou sans fond et finis les plats.
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Trouver du bois dans le désert ... pas simple ! |
Autour du feu de
camp nous commençons la veillée de la St Sylvestre. Nous avons demandé plus de
bois à notre guide qui a tenté le bluff « mais si, il y a assez de
bois pour toute la nuit …… - sûr ????? ». Bref, plusieurs
fois nous partons à la lueur de la lune … chercher du bois … dans le désert …
mais bien sûr ! Heureusement il y de la broussaille et le feu survit.
Pendant 4 heures nous racontons des histoires, partageons nos souvenirs de voyages, évoquons l’avenir, imaginons où sont les villages alentours et quelle tente sera attaquée en premier par les bandits, souhaitons accélérer le temps car c’est long 4h autour d’un feu ! Le tout arrosé par le rhum local offert par le propriétaire de la guest house (littéralement arrosé – cf au-dessous).
Pendant 4 heures nous racontons des histoires, partageons nos souvenirs de voyages, évoquons l’avenir, imaginons où sont les villages alentours et quelle tente sera attaquée en premier par les bandits, souhaitons accélérer le temps car c’est long 4h autour d’un feu ! Le tout arrosé par le rhum local offert par le propriétaire de la guest house (littéralement arrosé – cf au-dessous).
10, 9, 8, 7, 6, 5,
4, 3, 2, 1, bonne année !!!!! Je jette le reste de rhum dans le feu en
guise de feu d’artifice (l’effet est au delà de nos espérances … pas sûr que
boire le rhum était une bonne idée). Puis encore quelques discussions, et tout
le monde se couche.
Je me transforme en David Copperfield
et fais apparaître le feu d'un claquement de doigt.
Je suis très optimiste
en comptant commencer l’année par un lever de soleil dans le désert. Ce matin
c’est brume. On ne voit rien à l’horizon et il faudra attendre 10h pour voir le
soleil émerger du brouillard. Retour à la guest house où je passe une nuit de
plus avant de partir vers Jaisalmer.
Ce nouvel an est le
plus insolite de tous : loin de tout le monde, dans le désert, dans le
froid autour d’un feu de camp, avec 6 autres personnes inconnues, de 4 pays
différents et sous les étoiles. Je ne peux m’empêcher de penser à la famille et
aux amis qui sont au champagne partageant le saumon fumé (pas en même temps
j’espère), mais je n’échangerais ma place pour rien au monde. L’an prochain, le
nouvel an sera entre amis en France. Chaque chose en son temps.
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